«La première variété déposée par l’OBS,
Goanag, présente une précocité « plein
cycle » de cent jours. Pour ma part, je la
trouve satisfaisante, mais elle a rencontré
des difficultés face aux aléas climatiques
chez certains producteurs. Elle semble mal
supporter la chaleur et la sécheresse.
Armor (12-9), inscrite en 2006, est un peu
plus précoce. Elle présente, comme
Goanag, un fort développement végétatif. Les gousses offrent cinq grains. Elle a un
bon potentiel de rendement, mais
demande en contrepartie des réserves
d’eau. Elle est résistante à l’anthracnose.
L’autre nouveauté, nommée pour le
moment 5-2, est précoce également, présente
un développement plus petit, avec
une gousse plus courte (quatre grains en
moyenne). Elle est assez sensible au sclérotinia.
Les caractéristiques agronomiques de ces
variétés sont différentes. Il faut considérer
l’ensemble : ce qui compte pour le
producteur, c’est la facilité de récolte,
c’est-à-dire des gousses homogènes. Mais
les qualités gustatives sont également
primordiales : si le consommateur achète
une AOC, c’est pour cette raison…
Le conseil que je peux donner aujourd’hui,
c’est de conserver ses variétés fermières et
de les comparer à celles proposées par
l’OBS. Rendez-vous dans deux ou trois ans
pour en tirer les conclusions ! L’OBS fournit
des sachets de 5 kg, qu’on peut multiplier
pour obtenir 200 à 250 kg de semence.
Le coût de revient à l’hectare est alors
d’environ 20 euros, ce qui est dérisoire.
Pour l’avenir, l’OBS travaille sur des variétés
précoces, qui devraient donner des résultats
dans cinq ans. À plus long terme,
il faudra travailler sur la résistance à
l’anthracnose et la tolérance au botrytis.
C’est une oeuvre de plus longue haleine.”